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Intervenant 1
France Culture.
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Intervenant 2
Les matins de France Culture Guillaume Erner.
00:00:05:12 – 00:00:06:20
Intervenant 3
Alexandra Delbos Bonjour.
00:00:06:20 – 00:00:07:22
Intervenant 2
Bonjour Guillaume, Bonjour à tous.
00:00:08:00 – 00:00:14:20
Intervenant 3
Avec Si on. Ce matin la liste des 72 femmes scientifiques qui vont rejoindre la Tour Eiffel, la Tour Eiffel de Paris.
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Intervenant 2
La Tour Eiffel de Paris, c’est l’aboutissement d’un projet de plus de quatre ans et tout est parti d’une scène assez banale. Une touriste demande à un guide de la Tour Eiffel, donc, où se trouve l’inscription de Marie Curie ? Une question presque anachronique car en 1889, quand le monument est construit et que les noms de Lavoisier, Ampère ou Cuvier ont rejoint en lettres dorées la Tour Eiffel, Marie Curie était encore Maria Ludovica et elle n’avait pas encore entamé ses études de physique.
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Intervenant 2
Mais l’idée est là il n’y a pas de femme sur l’un des monuments les plus visités au monde. Le guide est un étudiant à la Sorbonne à l’université Benjamin Rigault, qui décide d’en faire quelque chose. C’est ainsi que démarra le projet des savantes de la Tour Eiffel auquel ont pris part la mairie de Paris, la Société d’exploitation de la Tour Eiffel et l’association Femmes Science, qui a eu pour mission de proposer 72 noms de femmes scientifiques.
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Intervenant 2
Et Françoise Conan est chimiste, professeur à l’Université de Bretagne occidentale à Brest et présidente actuelle de l’association Femmes et Sciences.
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Intervenant 4
A partir du moment où nous a confié la mission de proposer cette liste, nous avons constitué un groupe de travail de douze personnes et à partir de là, notre méthodologie, dans un temps très très court, a consisté à contacter les associations sœurs, les sociétés savantes aussi, leur demandant à ces associations et organismes de nous proposer des noms de femmes scientifiques.
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Intervenant 4
Nous n’avons pas compté le nombre de réunions que nous avons dû organiser et ensuite, mais nous avons dû choisir de définir un certain nombre de critères, répondant évidemment aux recommandations de la commission. Donc, on a on a dû vraiment réfléchir à constituer la liste qui soit la plus large au niveau des disciplines représentatives. Tenir compte aussi du temps.
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Intervenant 4
Donc, de 1789 à nos jours.
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Intervenant 2
Parmi les 200 femmes proposées, toutes d’excellentes scientifiques évidemment, il a fallu en retenir 72 pour faire écho aux 72 noms d’hommes déjà inscrits. Et parce que c’est le nombre de loches disponibles au premier étage de la Tour Eiffel. Cette liste a été remise hier après 12 h à la maire de Paris, Anne Hidalgo.
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Intervenant 3
Qui sont les noms de femmes retenus ?
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Intervenant 2
Eh bien, il y a des incontournables, évidemment. Marie Curie et sa fille Irène Joliot Curie, Sophie Germain. A Paris aussi et commence à devenir une incontournable quand on parle de mathématiques. C’est une scientifique autodidacte qui se fait passer pour un homme pour pouvoir correspondre avec les plus grands mathématiciens de son temps. On trouve aussi des scientifiques longtemps restés dans l’ombre, victimes de ce que l’on appelle l’effet Matilda, c’est à dire l’effacement ou l’appropriation de leurs travaux par des collègues masculins.
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Intervenant 2
C’est le cas de Martin Gautier pour la trisomie 21 ou de Rosalind Franklin pour la structure de l’ADN qui figurent toutes deux sur la liste. Et puis la Commission a voulu mettre en lumière des parcours moins connus. Isabelle Vauquelin est chercheuse au Centre de recherche en astrophysique de Lyon. Précédente présidente de l’association Femmes et Sciences et porteuse de ce projet.
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Intervenant 1
Angélique du Coudray, surnommée la sage femme du roi Louis XV, qui a créé une un mannequin pour former des milliers de femmes à l’accouchement et un mannequin de bassin de femmes enceinte et qui a fait nettement reculer la mortalité maternelle et infantile. Une que j’aime beaucoup moins, c’est Sébastien Guillot qui a débuté institutrice en Bretagne. Dès qu’elle a su que l’école centrale s’ouvrait aux femmes, a préparé le concours et a fait partie de la première promotion de femmes ingénieurs de l’École centrale.
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Intervenant 1
Elle est devenue donc ingénieure en aéronautique et elle a déposé six brevets. Elle est devenue sportive de haut niveau et elle a appris à piloter. Elle a participé aux J.O de 1928 et elle a été résistante pendant la Deuxième Guerre mondiale et elle est morte en 1941 des suites de son emprisonnement et des tortures infligées par la Gestapo.
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Intervenant 2
Ses choix ne sont donc pas seulement scientifiques et les choix qui ont été faits pour cette liste traduisent également des engagements personnels et parfois politiques à la grande majorité des femmes retenues sont françaises. Mais parmi les races étrangères figurent par exemple Rose Yang, chercheuse sénégalaise, première femme africaine admise à Polytechnique et spécialiste de l’intelligence artificielle. Tous les autres noms et leur histoire sont à découvrir dans un livret que je vous mets en lien sur la page de la chronique.
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Intervenant 2
Parce qu’au delà du simple hommage, l’enjeu est celui de la visibilité. Rendre ces noms accessibles à tous et à toutes dans un lieu aussi symbolique que la Tour Eiffel, c’est réparer une invisibilisation historique et créer de nouveaux modèles pour les générations de demain. Avant d’être inscrite juste au dessus de la frise des hommes, la liste doit encore être validée définitivement par les familles concernées et par les académies.
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Intervenant 2
L’inauguration est pour l’instant envisagée pour mars 2027.
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Intervenant 3
Merci beaucoup. Alexandra Delbo.