Le retour d’expatriation et le choc culturel inversé – Comprehension orale supplémentaire

Le retour d’expatriation et le choc culturel inversé

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Intervenant 1

Moins connu que le choc culturel vécu à l’arrivée dans un pays étranger. Le choc culturel inversé peut être tout aussi puissant et parfois même plus difficile à surmonter. Il s’agit de ce sentiment de décalage que vivent certains expatriés quand ils reviennent en France après plusieurs années d’absence. Comment retrouver son équilibre ? Pascal Chazelle est coach certifié spécialisé en chocs culturels inversés ou non.

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Intervenant 2

Explication Pascal Chazelle, coach certifié. Et je me suis spécialisé dans le retour des conjoints expatriés qui rentraient en France. Mais ça ne m’empêche pas aussi d’accompagner les étrangers qui arrivent.

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Intervenant 1

Alors aujourd’hui, nous allons parler du choc culturel inversé.

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Intervenant 2

Alors le choc culturel inversé, c’est le fait d’arriver dans un lieu qui devrait être connu mais qui paraît étranger. Le choc, c’est de ne plus se sentir à la place avec les gens qu’on aimait tant. On se sent différent. On a vécu plusieurs années à l’étranger et lorsqu’on rentre, on n’est plus du tout adapté à la culture française.

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Intervenant 2

On n’est plus adapté à l’état d’esprit des gens, à un tas de choses en fait, qui nous paraissent totalement étrangers. Pour ma part, je l’ai vécu en rentrant d’expatriation. Il y a certaines choses qui nous paraissent complètement aberrantes parce qu’on a découvert d’autres choses ailleurs et on est très étonné en fait, parce qu’on n’est pas préparé à ce choc.

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Intervenant 1

Ce choc peut être comparé à celui qu’on a quand on arrive dans un pays étranger.

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Intervenant 2

C’est le même genre de choc, sauf qu’à la différence de la découverte d’un pays étranger, là on se retrouve dans son propre pays et on ne s’attend pas du tout. On n’est pas du tout préparé à vivre ce choc et ce choc. En plus, ça nous renvoie à notre propre individualité. Si on éprouve des sentiments personnels qui sont extrêmement déroutants.

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Intervenant 1

Ça met à nu notre propre changement. Depuis le départ.

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Intervenant 2

Voilà, c’est ça. Et il ne faut pas oublier aussi les enfants. Moi, j’avais des enfants qui étaient à l’école. Le retour a été très difficile pour se réadapter également. Donc ça a atteint toute la famille, je dirais.

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Intervenant 1

Et comment ça se manifeste ?

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Intervenant 2

Le symptôme, je dirais qu’il peut y avoir un sentiment d’abattement, de la démotivation, un désengagement à l’école ou au travail lorsqu’on rencontre nos anciens amis, ben on ne se sent plus compris parce que ils ont le souvenir de quelqu’un qu’ils ont peut être revu mais qui n’a pas habité là depuis plusieurs années. Donc on comprend plus trop leur état d’esprit et eux non plus.

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Intervenant 2

On a une attitude critique aussi vis à vis de la culture française d’origine pour la France et française. C’est à dire qu’on trouve que les Français sont un peu râleurs quelquefois trop à vouloir expliquer dans les discussions un peu vives, et on a tendance à critiquer dans cette culture. On peut être aussi un peu irritable lorsqu’on est en contact avec des personnes qui n’ont pas vraiment évolué dans leur pensée parce qu’ils sont restés dans leur pays.

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Intervenant 2

Alors au travail par exemple, il peut y avoir des difficultés à comprendre la façon de travailler des Français. Quand on a travaillé à l’étranger, etc, etc. Et puis aussi de la frustration. Est ce que j’ai remarqué également dans mes accompagnements, c’est les femmes qui sont partis, qui ont suivi leur mari ou leur conjoint à l’étranger. Lorsqu’elles rentrent, elles se sentent inutiles, ont l’impression d’avoir perdu énormément de capacités et de compétences.

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Intervenant 2

Ce qui est complètement faux parce qu’elles ont acquis d’autres compétences très enrichissantes. C’est important en fait, ces femmes, de pouvoir les accompagner à redevenir vraiment elles mêmes tout en ayant vécu des choses très intéressantes à l’étranger, même si elles n’ont pas travaillé et mettre en valeur en fait toutes ces richesses qu’elles n’ont pas conscientes d’avoir quand elles rentrent.

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Intervenant 2

Moi je vous parle aussi d’un côté personnel. Le fait d’avoir vécu ça moi même, ça me permet aussi de comprendre ce qui se passe chez les personnes et qu’en plus on est un peu dans le regret de ce qu’on a vécu ailleurs. On regrette les anciens amis etc etc. Bref, on a un décalage entre qui on était, qui on est et avec qui on reprend contact.

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Intervenant 1

Comment revenir à la normalité ?

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Intervenant 2

Alors moi ce que je conseille personnellement, c’est vraiment préparer son retour. Déjà, le fait de préparer son retour, ça permet de ne pas avoir cette surprise du retour et du choc. A partir du moment où on est prêt déjà à comprendre qui on est devenu, quand on est encore là bas, c’est à dire voir un peu qu’est ce qu’on a développé comme compétences, qu’est ce qu’on va pouvoir transférer comme compétences éventuellement pour ceux qui cherchent un travail en France avant de rentrer, C’est bien de s’y prendre un petit peu avant pour voir un petit peu les offres etc, refaire son cv, etc.

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Intervenant 2

Et puis ne pas en rentrant en fait se dire oh là là c’est pas tellement suis nulle mais vraiment je me suis pas du tout adapté. Donc c’est se préparer psychologiquement aussi au retour, lorsqu’on sait ce qui nous attend, on prend déjà plus de recul, on n’a pas cette surprise au retour. Voilà, c’est se reconnecter aussi à soi même, à savoir qui on est devenu.

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Intervenant 2

Faire le deuil quand on dit faire le deuil de son identité d’expatrié. C’est à dire que lorsqu’on a été expatrié pendant plusieurs années, on est quand même étrangère dans un pays, même si on s’adapte. Et là, on va revenir dans son pays d’origine où on peut se sentir étrangère. Mais se dire que déjà accepter ce sentiment parce que lorsqu’on accepte déjà d’être différente, de ne pas pouvoir coller à la réalité, voilà, c’est une prise de conscience déjà, et ça, ça peut beaucoup aider.

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Intervenant 2

Il faut être patiente aussi, il faut être patient parce que de toute façon ça revient petit à petit. On va retrouver nos marques et il ne faut pas perdre patience en disant j’y arriverai jamais, je vais repartir. Enfin si c’est pas possible, c’est pas possible. C’est un peu la même adaptation que l’on doit avoir, enfin s’adapter comme on s’est adapté dans le pays d’origine.

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Intervenant 2

Moi je fais pas mal la comparaison en fait entre le choc culturel et le choc culturel inversé. Parce que finalement, après avoir vécu cinq ou dix ans dans un pays, toutes personnes qui vivent encore plus longtemps, bah c’est évident que au retour, on va se sentir étranger.

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Intervenant 1

Est ce que ce choc culturel inversé peut être justement une opportunité de transformation ?

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Intervenant 2

Bien sûr, oui. Ce choc culturel inversé, ça peut en fait ouvrir d’autres voies. Alors moi, j’aime bien donner mon exemple parce que comme je l’ai vécu, je trouve que c’est intéressant. J’avais un métier avant de partir quand j’étais enseignante. J’ai tout arrêté pour suivre mon mari parce que c’était pour lui une opportunité et quand on était ravi de partir aux Etats-Unis, donc ça c’était très positif.

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Intervenant 2

Et au retour, pendant un ou deux ans, je ne savais pas trop. Mais j’ai compris que je voulais travailler à l’international. C’est à dire que j’avais besoin de me retrouver dans un univers international et j’ai commencé à travailler dans ce qu’on appelle la relocation, venant m’occuper des expats qui arrivaient en France. Et voilà donc en fait, à partir de là, j’ai compris que les compétences que j’avais acquises, l’ouverture d’esprit que j’avais acquise également l’adaptation, toutes ces compétences que les Françaises développent à l’étranger par nécessité, souvent le soutien aux enfants, à la famille.

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Intervenant 2

J’ai mis à profit toutes ces compétences et je pense que pour tout le monde, les personnes qui rentrent comme ça, à mon avis, il y a vraiment deux statuts. Il y a le conjoint expatrié qui avait un travail d’abord salarié et qui revient dans son entreprise et donc lui il a pas le choix trop de se réadapter rapidement.

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Intervenant 2

Et puis l’épouse ou la conjointe qui elle va pouvoir se dire bah pourquoi je fais pas ça ? Pourquoi je ne ferais pas un autre métier ? Elle peut aussi retrouver son métier d’origine, mais bien être consciente qu’elle n’a pas perdu son temps, c’est important qu’elle le sache et donc l’accompagnement, ça permet pendant quelques semaines quelques sessions de pouvoir mettre en valeur tout cela.

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Intervenant 2

Et puis aussi pour une recherche d’emploi, faire un nouveau cv. On a changé mais pas en mal. On a développé un tas de choses à l’étranger. L’expatriation, ça apporte énormément de choses à la personne en développement personnel. Dans le développement culturel, il y a une richesse interculturelle qui en sort. C’est très, très enrichissant. Donc il faut absolument pas pour les expatriés faire croire que le retour sera horrible, qu’ils vont avoir beaucoup de difficultés, etc.

00:07:56:16 – 00:08:00:18

Intervenant 2

Il y aura des difficultés, mais encore une fois, s’ils se préparent, ça se passera très bien.

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