Pesticides, insecticides quelles conséquences pour la santé – Comprehension orale supplémentaire

Pesticides, insecticides quelles conséquences pour la santé

00:00:01:18 – 00:00:06:17

Intervenant 1

Les matins de France Culture. Jean. Les Marie. La question du jour pour jour.

00:00:06:17 – 00:00:08:18

Intervenant 2

Marguerite Cattan Bonjour Jean. Bonjour à tous.

00:00:08:18 – 00:00:09:23

Intervenant 3

Pesticides et santé.

00:00:09:23 – 00:00:29:24

Intervenant 2

Aujourd’hui et tout un monde de contradictions. Alors que les députés examinent en ce moment la loi du plomb qui prévoit de ré autoriser certains insecticides. De nombreux médecins et scientifiques alertent sur les maladies liées à ces substances et lancent même. l’Agence de sécurité sanitaire vient de mettre en évidence des liens avec les troubles du neuro développement et du comportement chez les enfants.

00:00:30:01 – 00:00:36:20

Intervenant 2

Ce matin, c’est une synthèse des risques associés aux différents produits sanitaires que nous allons tenter grâce à vous. Ori Yamada Bonjour.

00:00:36:22 – 00:00:37:12

Intervenant 3

Bonjour.

00:00:37:14 – 00:00:57:06

Intervenant 2

Merci d’être en ligne avec nous. Vous êtes le responsable de la phyto pharmacovigilance a lancé ce qui est donc l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Je voudrais d’abord qu’on parle de l’exposition aux pesticides. C’est un terme un peu flou qui ne nous dit pas comment il nous touche par la manipulation, la respiration, l’ingestion alimentaire.

00:00:57:08 – 00:01:25:17

Intervenant 3

Oui, tout à fait l’exposition et peut survenir principalement par ces trois. Voilà. Donc on parle de l’exposition par voie cutanée, un par contact cutané. C’est la survenir surtout quand on utilise les produits au moment où on manipule les produits d’exposition par inhalation. Alors c’est également surtout quand on utilise des produits en particulier dans des espaces fermés, comme dans les serres ou au domicile quand on utilise les insecticides, et puis l’exposition par ingestion quand on mange des aliments ou quand on boit de l’eau.

00:01:25:19 – 00:01:41:16

Intervenant 2

On imagine donc que les agriculteurs sont les plus touchés, leurs familles, les habitants des zones rurales, mais aussi tout ceux qui ne mangent pas exclusivement des produits de l’agriculture biologique. Est ce qu’on sait mesurer au Yamada les différents taux d’imprégnation par catégories de population ou en fonction des territoires ?

00:01:41:18 – 00:02:02:01

Intervenant 3

Oui, tout à fait. Vous avez bien cerné les différents types de population qu’on étudie quand on parle d’exposition aux pesticides et en premier lieu, les plus exposés sont évidemment les professionnels de l’agriculture qui utilisent ces produits pour protéger leurs cultures. Et donc, comme je le disais, ils vont être exposés principalement par voie cutanée au moment où ils vont manipuler ces produits.

00:02:02:03 – 00:02:31:11

Intervenant 3

Il y a également une exposition un petit peu par inhalation au moment de cette manipulation. Ensuite, il y a la population générale qui va surtout être exposée par l’alimentation et par l’eau du robinet, qui peuvent toujours contenir des résidus de pesticides à des taux plus ou moins élevés. Et puis, en parlant, il y a cette population particulière qui vivent à proximité des cultures, qui sont traitées, qui peuvent avoir leur contaminants, leur environnement, qui est contaminé par les traitements qui sont réalisés aux alentours.

00:02:31:15 – 00:02:38:13

Intervenant 2

C’est ce qu’on a vu récemment, je crois, dans la plaine d’Aunis en Charente, où il y a une alerte très importante sur les cancers pédiatriques.

00:02:38:15 – 00:02:52:23

Intervenant 3

Oui, tout à fait. Donc, dans cette région là, il y a des études qui sont en cours pour déterminer si il y a des excès de cas de cancers pédiatriques et ensuite déterminer les facteurs du risque qui peuvent expliquer la sur incidence de ces cas.

00:02:53:00 – 00:03:13:05

Intervenant 2

Un mot de substance que la loi du plomb qui est en cours d’examen à l’Assemblée nationale veut réintroduire là ce Tammy Pride, le Clos Pride, le Tia Méthode Sam, ce sont trois néonicotinoïdes interdits depuis 2018. Alors on connaît les effets de ces substances sur la biodiversité, sur les abeilles notamment. Mais que sait on de leurs effets sur la santé humaine ?

00:03:13:07 – 00:03:41:07

Intervenant 3

Tout à fait. Ces substances, cette famille chimique de substances des néonicotinoïdes et surtout réputée toxique pour la biodiversité et en particulier pour les insectes pollinisateurs. Par contre, pour la santé humaine, il y a très peu de d’études épidémiologiques qui ont qui ont porté sur ces substances là. Et pour preuve, dans l’expertise collective Inserm sur lesquelles nous avons travaillé et dont nous avons publié une analyse il y a quinze jours, ne ressorte pas cette famille de substances.

00:03:41:12 – 00:03:54:03

Intervenant 3

Alors ça ne veut pas forcément dire qu’elle ne présente aucune toxicité pour la santé humaine, c’est juste que les études épidémiologiques ne se sont pas penchées sur ces substances ou n’ont pas mis en évidence à ce stade des effets indésirables pour la santé humaine.

00:03:54:07 – 00:03:57:20

Intervenant 2

C’est à dire on n’a pas cherché ou on n’a pas trouvé après avoir cherché.

00:03:57:22 – 00:04:18:02

Intervenant 3

Alors c’est un petit peu des deux. En ce qui concerne les effets sur les pollinisateurs, il y a eu beaucoup d’efforts de recherche dans les années, fin des années 2000, dans les années 2010 avec beaucoup de financements et donc il y a eu énormément d’études qui ont été publiées. Si bien que je vous parlais tout à l’heure d’une expertise collective Inserm sur les effets des pesticides sur la santé humaine.

00:04:18:04 – 00:04:42:19

Intervenant 3

Alors, il y a eu un équivalent qui a été publié en 2022 par INRA et Ifremer, qui portait sur les effets des pesticides sur la biodiversité. Pour le coup, nos collègues de l’INRA et Ifremer ont rassemblé l’ensemble des données qui portaient sur les effets des néonicotinoïdes sur la biodiversité. Et là, ils étaient nombreux. Et donc évidemment, il y a des effets démontrés sur les pollinisateurs et la biodiversité.

00:04:42:20 – 00:04:43:04

Intervenant 3

De façon plus.

00:04:43:04 – 00:04:55:04

Intervenant 2

Générale, je crois que sur les pollinisateurs, ce sont des substances qui attaquent le système nerveux. Si j’ai bien compris, vous me direz Yamada, est ce qu’on ne peut pas supposer que ça aura le même effet sur nos systèmes nerveux ?

00:04:55:06 – 00:05:18:16

Intervenant 3

Alors ce sont des choses qui sont étudiées également a priori à travers des tests toxicologiques. Et quand une substance, de façon générale, bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché, c’est qu’elle a passé avec succès les différents tests et donc les effets n’étaient pas démontrés. Donc pour les substances, vous parlez de substances qui qui pourraient éventuellement être ré autorisées.

00:05:18:18 – 00:05:36:18

Intervenant 3

En France, la condition c’est qu’au niveau européen, ces substances bénéficient d’une approbation. Donc ce qui est le cas encore pour quelques néonicotinoïdes ou pseudo néonicotinoïdes, c’est à dire des substances qui présentent un mode d’action similaire, donc bénéficier encore de cette approbation au niveau européen.

00:05:36:20 – 00:06:00:09

Intervenant 2

Ce qu’il faut dire aussi, Yamada, c’est que votre responsabilité à la tête de l’unité de phyto pharmacovigilance, c’est d’évaluer les effets des produits autorisés. Donc vous intervenez après la mise sur le marché et récemment, vous avez émis une alerte très importante sur une famille d’insecticides, les Pyros triploïdes, très trilobites, qui servent à tuer araignées, tiques, moustiques. Alors voilà, nous expliquer quels effets vous avez constaté.

00:06:00:11 – 00:06:37:13

Intervenant 3

Alors en effet, contrairement aux néonicotinoïdes qui sont vraiment absents de cette synthèse de l’Inserm que nous avons analysé, la famille chimique des pires et crinoïdes pour le coup, sont extrêmement cités, qui sont citées dans cette synthèse de l’Inserm. C’est ce que nous mettons en évidence. Et donc il y a des. Lors d’une exposition prénatale, donc de la mère pendant sa grossesse et donc l’exposition du fœtus ensuite à l’enfant à naître, il y a des troubles neuropsychologiques type anxiété ou des retards de développement moteur qui ont été observés dans les études épidémiologiques.

00:06:37:19 – 00:06:39:17

Intervenant 2

Ce sont des produits très courants, je crois.

00:06:39:19 – 00:07:00:05

Intervenant 3

Exactement. Donc ce sont des produits qui sont utilisés vraiment pour des usages très variés. Donc en premier lieu en agriculture pour protéger les cultures aussi en lutte anti vectorielle donc, c’est à dire les moustiques vecteurs de maladies tel le moustique tigre, vecteur de la dengue ou du chikungunya. Donc on utilise aussi les pirates pour lutter contre ces moustiques.

00:07:00:07 – 00:07:14:22

Intervenant 3

Et enfin, on utilise ces produits au domicile en tant que particuliers pour lutter contre les insectes rampants et volants. Et on avait réalisé une étude il y a quelques années à l’étude Pest Yum, qui avait montré vraiment l’utilisation très fréquente par les particuliers de ces produits.

00:07:14:24 – 00:07:27:00

Intervenant 2

Est ce que le consommateur peut vérifier la composition de son anti-moustique ou de son anti araignée à domicile et voir marqué puis crinoïdes et se dire ok, je n’achète pas, il n’y a pas d’obligation d’information.

00:07:27:02 – 00:07:47:06

Intervenant 3

Si si. Alors sur les étiquettes qui sont à coller sur les produits, y compris pour les particuliers, il y a la composition en substances actives, donc pas la composition intégrale, mais la composition en substance active. Et donc en l’occurrence, s’il y a un péril très humide, la mention se figurera sur l’étiquette des produits.

00:07:47:12 – 00:07:59:09

Intervenant 2

Un dernier mot rapidement Yamada sur les autres maladies cancers du sang, du pancréas, de la prostate, maladie de Parkinson qu’on met en relation avec les pesticides insecticides. Quel lien peut on faire précisément.

00:07:59:11 – 00:08:25:19

Intervenant 3

Alors ces liens pour ces maladies là ? Cancer du sang, cancer de la prostate, maladie de Parkinson. Ce sont les maladies pour lesquelles l’Inserm a établi un niveau de présomption de lien fort le plus fort. Donc c’est vraiment des choses qui sont établies par les données épidémiologiques. Et si bien que pour les expositions professionnelles, pour les travailleurs qui utilisent ces produits, des tableaux de maladies professionnelles ont été créés.

00:08:25:21 – 00:08:34:24

Intervenant 3

Et donc, preuve que vraiment ce lien est reconnu et donc derrière facilite la réparation pour ces travailleurs qui ont pu être exposés et développer ces maladies.

00:08:35:02 – 00:08:38:15

Intervenant 2

Et peut être un jour la prévention aussi. Merci beaucoup Yamada.

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