La Musée, une exposition pour revoir la place des femmes dans l’histoire de l’art – Comprehension orale supplémentaire

La Musée, une exposition pour revoir la place des femmes dans l’histoire de l’art

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Intervenant 1

France Culture, une collection au féminin. Le Musée Sainte-Croix de Poitiers accueille une collection exceptionnelle de 300 œuvres d’art réalisées exclusivement par des femmes. C’est l’artiste Eugénie du Breuil qui, à 87 ans, a décidé de faire don de sa collection personnelle et unique en France. Créée depuis 25 ans, elle met en lumière la création artistique féminine. Souvent marginalisée grâce à ce legs exceptionnel.

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Intervenant 1

Le Musée Sainte-Croix compte interroger la place de la femme dans l’histoire de l’art. Pierre Robert s’est rendu sur place.

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Intervenant 2

Ce n’est pas anodin que ce soit un dessin de Marie Laurencin que Denis Dubreuil achète en premier lieu.

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Intervenant 3

Pour l’artiste et collectionneuse Eugénie Dubreuil, tout a commencé avec une première pièce, un dessin de l’artiste peintre Marie Laurencin qui fut un temps la compagne de Guillaume Apollinaire. Lorsque Jenny Dubreuil apprend que l’hôtel Drouot va proposer à la vente des biens du poète, elle se rend sur place.

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Intervenant 4

Dans les biographies que je lisais de Guillaume Apollinaire, il était question d’une certaine Marie Laurence. Il vit avec une artiste. Femme n’en parle pas. C’est curieux. Enfin bref, quand j’ai eu vent à Drouot d’une dispersion de la collection de Guillaume Apollinaire, je me suis rendu sans au préalable, avoir l’intention d’acheter quoi que ce soit. Au fur et à mesure de la vente, j’ai eu une sorte de révélation parce que il y avait un carnet qui avait été dépecé en quelque sorte, et donc les feuilles n’étaient pas signées et les œuvres en question n’avaient pas une valeur marchande du fait que ce n’était pas signé, du fait que c’était au crayon, du fait que c’était des

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Intervenant 4

petits formats. Et puis il y a ce dessin là montrer une femme à sa toilette, peut être elle dans son miroir avec deux paires de bras qui s’agitent dans plusieurs sens jusqu’à trouver la bonne position. Et donc ça, c’est vraiment frapper. Et j’ai levé la main pour acquérir ces dessins.

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Intervenant 3

Devenue une inconditionnelle de cette artiste et professeur d’arts plastiques, va s’employer à collectionner en les achetant lors de vente aux enchères ou bien en les échangeant des œuvres d’art réalisées par des femmes artistes.

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Intervenant 4

J’ai ressenti une certaine insuffisance concernant ma formation d’artiste, donc je me suis intéressée à l’histoire de l’art. Et c’est là que peu à peu, j’ai pris conscience de manque et que j’ai consacré une vingtaine d’années de ma vie à collectionner des œuvres d’artistes femmes. Ce n’est pas qu’elles n’étaient pas mises en avant, c’est qu’il n’y avait rien à mettre en œuvre.

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Intervenant 4

Je n’avais qu’un demi salaire parce que je j’ai exercé mon métier de professeur d’arts plastiques qu’à mi temps pour justement continuer à créer en tant qu’artiste. Donc oui, j’achetais des œuvres pas chères qui ont peut être un peu grimpé en valeur assez rapidement, mais j’en suis pas sûre non plus. Certaines valeur a un certain prix et c’est vrai que j’achetais alors dans ce cas là des œuvres dites secondaires comme des gravures ou même des dessins, mais peu de peintures au fond.

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Intervenant 4

Par contre, j’ai pu acheter des peintures, des bronzes, des sculptures, d’oeuvres d’artistes inconnus. Donc j’allais de découverte en découverte et c’était très passionnant.

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Intervenant 3

En 25 ans, Eugénie Dubreuil a finalement accumulé plus de 500 œuvres, remontant pour certaines d’entre elles jusqu’au XVIIᵉ siècle. A 87 ans, elle a décidé d’en faire don en mars 2024 au musée de Sainte-Croix à Poitiers. Un legs précieux, assure Manon Le Capelan, sa directrice.

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Intervenant 5

Cette acquisition de la musée plus de 500 œuvres d’artistes femmes nous permet de faire plusieurs choses. Déjà, elle nous permet d’accroître nos collections d’artistes femmes et de venir compléter également des fonds d’artistes déjà existantes au musée. C’est le cas de Suzanne Rogers, par exemple, ou ce projet. La musée, comme on l’appelle ici, nous permet aussi et surtout de considérer non pas seulement qu’il existe des œuvres d’artistes femmes et qu’il faut les exposer, mais de questionner pourquoi elles ont été exclues et de repenser tous nos discours à l’égard des artistes femmes.

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Intervenant 3

Frida Kahlo, Niki de Saint Phalle, Rosa Bonheur. Quelques œuvres d’artistes déjà célèbres ont donc rejoint le musée Sainte-Croix, mais l’apport d’œuvres d’artistes moins connus permet aussi de mieux questionner leur place dans l’histoire de l’art et la façon dont ces dernières ont été relégué à des genres considérés comme mineurs. Manon Le Capelan.

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Intervenant 5

Alors, il y a deux phénomènes. Il y a la marginalisation des femmes dans l’histoire de l’art, pour tout un tas de raisons différentes des raisons institutionnelles, puisque les femmes n’ont longtemps pas accès à la formation qui permet d’accéder à la peinture d’histoire, le grand genre tel qu’il est théorisé au XVIIᵉ siècle. Les femmes ont des limitations également financières.

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Intervenant 5

Elles dépendent souvent de leur mari et donc il leur est plus facile de s’illustrer dans des genres considérés comme mineurs tels que l’estampe par exemple, ou le dessin, que dans le grand genre de la peinture de la sculpture d’histoire, puisqu’il est plus facile d’acheter du papier que du marbre, par exemple. La marginalisation, elle, est également bio déterministe face à ce qu’on se situe vraiment au XIXᵉ siècle, où certaines qualités vont être perçues comme naturellement féminines.

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Intervenant 5

C’est le cas de la grâce, de la délicatesse, de la minutie qui leur permettent finalement d’être reléguées relativement facilement à des genres qu’on considère alors comme mineures comme la miniature, l’aquarelle, le pastel, etc. Et cette idéologie, finalement, elle s’intensifie au 19ᵉ et au XXIᵉ siècle, dans les musées, où on ne présente finalement que des hommes.

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Intervenant 3

Sur les murs de la galerie du musée, 300 œuvres uniquement réalisées par des femmes permettent aux visiteurs de prendre conscience d’à quel point les musées font la part belle encore aujourd’hui aux artistes hommes.

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Intervenant 2

Un mur d’une histoire de l’art comme ça, avec uniquement des hommes. Pendant très longtemps, ça n’a déranger personne. Alors pourquoi est ce que ça dérangerait d’en faire une histoire de l’art avec uniquement des femmes ?

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Intervenant 3

Et pour l’historienne de l’art Camille Philippon, membre de l’association Femmes artistes en réseau, qui a participé à la conception de l’exposition. Il s’agit aussi de repenser la façon dont on perçoit les œuvres au musée.

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Intervenant 6

C’est la question de sortir d’une vision esthétique, qu’est ce qu’est le beau, etc. Et donc forcément, on envoie des œuvres qui ne répondent pas forcément aux critères de beauté ou disons aux critères classiques pour les musées de choisir des œuvres. Et c’est ça qui est très intéressant aussi. C’est à dire que non seulement en termes de médium, non seulement en termes de pratiques, etc.

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Intervenant 6

De parcours d’artistes, là sont valorisés des noms qui n’auraient peut être jamais été au musée si on s’était pas intéressé au cas de la collection de génie du vrai.

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Intervenant 3

Si on constate aujourd’hui une amélioration de la place des femmes artistes dans le monde de l’art, le monde muséal, lui, continue d’accumuler du retard, comme en atteste le nombre d’œuvres possédées par le Musée Sainte-Croix de Poitiers, pourtant considéré comme un musée pionnier sur la question des représentations de genre. Mais non le Kaplan.

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